Le sens du concep AMAP Nourriture centrale : vivre ensemble solidairement sur un territoire
Partir de ce qu’il est possible de produire et consommer localement et écologiquement.
Difficile de passer du « consommateur roi », « je le vaux bien » à la conscience du possible, de la solidarité avec le paysan, avec les autres citoyens, voisins ou lointains, avec la terre, avec les générations futures.
Difficile de sortir de l’uniformisation, de l’efficacité, des normes, du pouvoir des experts pour réinventer les règles d’un vivre ensemble solidaire et le respect du vivant.
Ça veut dire concrètement :
- Relocaliser la nourriture et stopper l’hémorragie des paysans.
- Réinstaller des paysans nourriciers sur des terres fertiles en assurant les conditions économiques de leur activité = circuit local de consommateurs responsables.
- Une reprise par les citoyens du pouvoir sur leur propre vie à travers une expérience de solidarité et de partage.
- Construire sur les valeurs du Partage et du lien.
Une association pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) est, en France, un partenariat de proximité entre un groupe de consommateurs et une ferme locale, débouchant sur un partage de récolte régulier (le plus souvent hebdomadaire) composée des produits de la ferme. L’AMAP est un contrat solidaire, basé sur un engagement financier des consommateurs, qui paient à l’avance la totalité de leur consommation sur une période définie (la “saison”). Ce système fonctionne donc sur le principe de la confiance et de la responsabilité du consommateur ; il représente une forme de “circuit court” de distribution.
Historique : Les teikei japonais
Un des exemples le plus ancien du concept a émergé dans les années 1960 au Japon. À l’époque, des mères de familles japonaises s’inquiètent de voir l’agriculture s’industrialiser avec un recours massif aux produits chimiques (en 1957, les premières victimes de Minamata, empoisonnées au mercure, sont déclarées). Ces mères fondent alors en 1965 les premiers teikei (提携, signifiant en japonais « coopération ou collaboration ») qui concernent d’abord des coopératives laitières. Le principe de fonctionnement est le suivant : en échange de l’achat par souscription de la récolte du paysan, ce dernier s’engage à fournir des aliments cultivés sans produits chimiques.
Un des groupes fondateurs des teikei, le Japan Organic Agriculture Association (JOAA), apparu en 1971, définit le teikei comme « une idée visant à créer un système alternatif de distribution, non dépendant du marché conventionnel. Bien que la forme des teikei varie, c’est tout simplement un système de distribution directe. Pour parvenir à son émergence, les producteurs et les consommateurs ont dû parler et approfondir leur connaissance mutuelle : aussi bien les uns que les autres fournissent du travail et du capital pour pérenniser le système. Le teikei est non seulement une idée pratique mais aussi une philosophie dynamique pour que les gens pensent une meilleure façon de vivre à travers l’interaction entre producteurs et consommateurs.[4] »
Cependant, aujourd’hui, les consommateurs japonais se sont éloignés de la plupart des TEIKEI de l’origine du fait de la concentration urbaine et se sont groupés en coopératives de consommation qui commercialisent les produits de l’agriculture biologique mais dans lesquelles le producteur n’a plus dans la plupart des cas le contact direct.
Toujours est-il qu’au moment de l’émergence des teikei dans les années 1960, il n’ y a pas eu d’échanges avec l’Amérique ou l’Europe sur ce système. Au Japon, un foyer sur quatre participe à un teikei (16 millions de personnes en 1993).
Les principes généraux à respecter :
Les AMAP doivent respecter 18 principes fondateurs :
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La référence à la charte de l’agriculture paysanne pour chaque producteur
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Une production de dimension humaine adaptée aux types de culture et d’élevage
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Une production respectueuse de la nature, de l’environnement et de l’animal : développement d’une biodiversité, fertilité des sols, production sans engrais ni pesticides chimiques de synthèse, gestion économique de l’eau…
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Une bonne qualité des produits : gustative, sanitaire, environnementale
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L’appui à l’agriculture paysanne locale
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La solidarité et des liens actifs avec tous les acteurs locaux oeuvrant pour le maintien de l’agriculture durable et d’un commerce solidaire
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Le respect des normes sociales par rapport aux employés de l’exploitation, y compris le personnel temporaire
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La recherche de la transparence dans les actes d’achat, de production, de transformation et de vente des produits agricoles
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L’accompagnement du producteur à l’autonomie, c’est-à-dire la capacité à être maître de ses choix
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La proximité du producteur et des consommateurs : elle est indispensable pour assurer le lien direct entre eux et pour favoriser le circuit le plus court entre producteur et consommateurs
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Une AMAP par producteur et par groupe local de consommateurs
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La formalisation et le respect des contrats à chaque saison entre consommateurs et producteurs
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Aucun intermédiaire entre producteur et consommateurs, pas de produits achetés et revendus par le producteur sans accord des consommateurs
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La définition à chaque saison d’un prix équitable entre producteur et consommateurs
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Une information fréquente du consommateur sur les produits
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La solidarité des consommateurs avec le producteur dans les aléas de la production
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Une participation active des consommateurs à l’AMAP favorisée notamment par la responsabilisation du maximum d’adhérents
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Une sensibilisation des adhérents de l’AMAP aux particularités de l’agriculture paysanne