L’AMAP

Qu’est-ce qu’une AMAP ?

Resume_AMAP

Les AMAP – Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne – sont destinées à favoriser l’agriculture paysanne et biologique qui a du mal à subsister face à l’agro-industrie. Le principe est de créer un lien direct entre paysans et consommateurs, qui s’engagent à acheter la production de celui-ci à un prix équitable et en payant par avance.

Une association pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) est, en France, un partenariat de proximité entre un groupe de consommateurs et une ferme locale, débouchant sur un partage de récolte régulier (le plus souvent hebdomadaire) composée des produits de la ferme.

Un contrat panier AMAP est un contrat solidaire, basé sur un engagement financier des consommateurs, qui paient à l’avance la totalité de leur consommation sur une période définie (la « saison »). Ce système fonctionne donc sur le principe de la confiance et de la responsabilité du consommateur ; il représente une forme de « circuit court » de distribution.

Les principes généraux à respecter

Les AMAP doivent respecter 18 principes fondateurs :

  1. La référence à la charte de l’agriculture paysanne pour chaque producteur
  2. Une production de dimension humaine adaptée aux types de culture et d’élevage
  3. Une production respectueuse de la nature, de l’environnement et de l’animal : développement d’une biodiversité, fertilité des sols, production sans engrais ni pesticides chimiques de synthèse, gestion économique de l’eau…
  4. Une bonne qualité des produits : gustative, sanitaire, environnementale
  5. L’appui à l’agriculture paysanne locale
  6. La solidarité et des liens actifs avec tous les acteurs locaux œuvrant pour le maintien de l’agriculture durable et d’un commerce solidaire
  7. Le respect des normes sociales par rapport aux employés de l’exploitation, y compris le personnel temporaire
  8. La recherche de la transparence dans les actes d’achat, de production, de transformation et de vente des produits agricoles
  9. L’accompagnement du producteur à l’autonomie, c’est-à-dire la capacité à être maître de ses choix
  10. La proximité du producteur et des consommateurs : elle est indispensable pour assurer le lien direct entre eux et pour favoriser le circuit le plus court entre producteur et consommateurs
  11. Une AMAP par producteur et par groupe local de consommateurs
  12. La formalisation et le respect des contrats à chaque saison entre consommateurs et producteurs
  13. Aucun intermédiaire entre le producteur et les consommateurs, pas de produits achetés et revendus par le producteur sans accord des consommateurs
  14. La définition à chaque saison d’un prix équitable entre producteur et consommateurs
  15. Une information fréquente du consommateur sur les produits
  16. La solidarité des consommateurs avec le producteur dans les aléas de la production
  17. Une participation active des consommateurs à l’AMAP favorisée notamment par la responsabilisation du maximum d’adhérents
  18. Une sensibilisation des adhérents de l’AMAP aux particularités de l’agriculture paysanne

Lire la charte des AMAP

Les avantages des AMAP peuvent aussi se regrouper selon les 3 axes : écologiquement sain, socialement équitable, et économiquement viable.

Un peu d’histoire…

Les teikei japonais

Un des exemples le plus ancien du concept a émergé dans les années 1960 au Japon. À l’époque, des mères de familles japonaises s’inquiètent de voir l’agriculture s’industrialiser avec un recours massif aux produits chimiques (en 1957, les premières victimes de Minamata, empoisonnées au mercure, sont déclarées).

Ces mères fondent alors en 1965 les premiers teikei (提携, signifiant en japonais « coopération ou collaboration ») qui concernent d’abord des coopératives laitières. Le principe de fonctionnement est le suivant : en échange de l’achat par souscription de la récolte du paysan, ce dernier s’engage à fournir des aliments cultivés sans produits chimiques.

Des food guilds suisses aux CSA nord-américains

À la même époque en Suisse, des fermes communautaires nommées food guilds (ou association alimentaire) développent leur propre partenariat avec les consommateurs locaux en leur fournissant chaque semaine des produits frais (légumes, lait, œufs, et fromages).

Aux États-Unis en 1985, un fermier de retour de Suisse après avoir étudié les food guilds rencontre alors Robyn Van Hen, une agricultrice bio du Massachusetts. Avec l’aide d’autres producteurs et de consommateurs, ils fondent la première Community Supported Agriculture à la ferme Indian Line de Robyn. Le concept se répand ensuite rapidement par bouche-à-oreille dans tous les États-Unis, puis gagne le Canada (ASC). Le concept est un système économique à part entière pour le paysan, et autonome, c’est pourquoi les agriculteurs fondateurs l’ont nommé AMAP.

En 2000, on recensait des CSA dans de nombreux pays : plus de 1 000 en Amérique du Nord, 100 au Royaume-Uni, et aussi en Australie, Danemark, Pays-Bas, Allemagne, Hongrie, Ghana, Nouvelle-Zélande… En 2003, aux États-Unis, 1 500 sont en fonctionnement.

 Les AMAP en France

Le principe d’une distribution hebdomadaire de légumes à des réseaux d’adhérents-consommateurs a été introduit en France par les Jardins de Cocagne aux débuts des années 1990 (chantiers d’insertion de personnes en difficulté par le maraîchage biologique).

Estimant le contexte favorable au développement de ce type d’initiative, des maraîchers, membres de la Confédération paysanne du Var, avec d’autres associations, envisagèrent de créer une structure chargée d’accompagner les porteurs de projet AMAP dans la région. Alliance Provence fut alors fondée le 10 mai 2001. En Île-de-France, la première AMAP est créée à Pantin pour un nombre qui atteint 300 en l’an 2014.

En février 2004 se tint à Aubagne le premier colloque international des teikei (Japon), CSA (pays anglophones), AMAP (France), ASC (Québec), etc. Les colloques suivants ont eu lieu à Aubagne (fin janvier 2008) et à Kobé (février 2010). Un deuxième colloque international se tint ensuite à Palmela (Portugal) en décembre 2005 donnant lieu à la création du réseau international URGENCI5 qui regroupe ces diverses initiatives.

Le mouvement s’est progressivement et partiellement structuré, par la création de réseaux des AMAP, essentiellement à l’échange régional, puis plus récemment, par la formation d’un mouvement inter-régional des AMAP (MIRAMAP) en février 2010.

Il a pour objet de « renforcer la cohésion des AMAP à travers le partage d’une éthique commune, de mutualiser les expériences et les pratiques et d’assurer la représentation, la mise en valeur des AMAP au niveau national et à la représentation du mouvement auprès des institutions officielles (Régions, ministères, etc.) »

En 2012, plus de 1 600 AMAP approvisionnent en France 50 000 familles, soit 200 000 personnes. La tendance à la hausse s’est poursuivie depuis.

Trouver plus d’informations sur  le fonctionnement d’une AMAP (http://reseau-amap.org/amap.php) | Source de l’historique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Association_pour_le_maintien_d%27une_agriculture_paysanne
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